Océans malades

Depuis bien trop longtemps, l’homme traite la mer comme une décharge géante, la transformant en un monde aquatique empoisonné, jonché de débris qui menacent pratiquement toutes les espèces marines et l’ensemble de l’écosystème du plus grand habitat de la planète. La plus grande majorité de la pollution qui affecte la mer provient d’activités terrestres. Le ruissellement des eaux usés de l’agriculture, de l’industrie et des différentes sources domestiques, chargées de substances les plus nocives, rejoint les rivières, les fleuves et les nappes phréatiques avant de finir dans les océans du globe. Exemple : plus de 1 350 millions de litres d’essence issue des rejets industriels et des voitures polluent la mer chaque année. Acides, ferraille, déchets de pêche et résidus de charbon finissent également dans l’eau des océans. Pesticides et engrais agricoles viennent compléter ce mélange fatal. Le dragage provenant de la construction ou de la maintenance des fleuves, canaux et ports constitue la plus grosse partie des déchets rejetés à la mer. Cette énorme quantité de vase et de limon contient parfois des métaux lourds, des hydrocarbures et des taux excessifs de phosphore ou d’azote. Et quand bien même ces produits du dragage seraient « nettoyés », les zones de ponte des poissons et des crustacés restent menacées.

LES OCEANS DU MONDE SOUFFENT. L’HOMME Y A DEVERSE DES TONNES DE DECHETS SANS SE SOUCIER DES CONSEQUENCES. MAIS CELLES-CI SONT DEJA VISIBLES. DES MESURES DOIVENT ETRE RAPIDEMENT PRISES AFIN DE PROTEGER LES ECOSYSTEMES MARINS AVANT QUE LES DEGATS NE DEVIENNENT IRREPARABLES.

Les marées noires provoquées par les pétroliers sont une source majeure de pollution. Les catastrophes comme celle de l’Exxon Valdez au large des côtes d’Alaska en 1989, ou du Prestige en Espagne en 2002 ont fortement marqué les esprits. Chaque année, ce sont quelques 600 000 barils de pétrole qui salissent les mers. Ces accidents portent un préjudice immense à l’environnement, entrainant la mort de milliers d’oiseaux et autres animaux marins et un bouleversement à long terme des écosystèmes côtiers. Une source plus commune de pollution des océans vient des navires qui pratiquent le déballastage. Près de 10 milliards de tonnes d’eau sont ainsi rejetées en mer chaque année, qui contiennent souvent des traces d’huiles et autres substances chimiques et introduisent également des espèces étrangères – comme la moule zébrée ou la groseille de mer – dans un nouvel environnement, au risque de déséquilibrer l’écosystème local. Divers débris peuvent enfin provoquer des conséquences tragiques. Canettes de soda, sacs plastique ou filets de pêche abandonnés entraînant la souffrance et la mort de nombreuses créatures comme les pélicans, les tortues de mer et les dauphins, qui avalent ou s’emmêlent dans ces objets. Pourtant, la situation des océans du globe n’est pas désespérée. Des lois anti-pollution plus sévères sont à l’étude, et de meilleures méthodes de prévention et de nettoyage des marées noires sont développées depuis quelques années. Mais il faut entreprendre davantage, car le temps presse.

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